La seconde guerre mondiale est connue pour les atrocités commises par le régime nazi. Malheureusement, le camp de Noé (1941-1947) démontre que les Français ne sont pas exempts de tout reproche, que ce soit durant l’occupation ou après la libération.
L’histoire du camp est détaillé dans les livres d’Eric Malo : Le camp de Noé (Haute-Garonne) de 1941 à 1944, et De Vichy à la Quatrième République : le camp de Noé (1943-1945).
Durant le gouvernement de Vichy (de juillet 1940 à août 1944), le camp de Noé servira de succursale aux camps de déportation (par exemple Gurs, Le Vernet ou Rivesalte) qui ont servi de transit vers les camps de Drancy puis d’Auschwitz.
Ce camp composé de 125 baraques pouvait accueillir de 1500 à 1800 personnes, gardés par 150 anciens policiers pour la plupart.

Source photo : Arch. privée. Crédit photo : D.R. http://www.ajpn.org/internement-Camp-de-Noe-161.html
Sous l’occupation
A l’origine, le camp de Noé était destiné à la abriter des vieillards, malades et juifs d’origines étrangères. En réalité, ce « centre de séjour » faisait partie des vitrines des camps de Vichy pour faire bonne figure auprès de la presse outre-Atlantique.
Il eut ensuite une vocation de camp hôpital jusqu’en 1943. Le taux de mortalité y était en revanche très important.
Ce camp était considéré comme « privilégié ». Toutefois, il a donné lieu à 300 décès de 1941 à 1944 et fut le point de départ de déportations vers les camps d’extermination durant l’été 1942. En septembre 1943, il perdit sa fonction hospitalière pour devenir un camp comme les autres. 650 vieillards et malades furent évacués vers des hospices.
Le camp sera directement au service des Allemands en 1943 et 1944. Il n’y aura même plus d’intermédiaire Français en juin et juillet 1944. Il accueillera alors des Français : réfractaires et internés administratifs, ou motifs variés. A partir de janvier 1944 il accueillera des israélites Français.
A la libération
La libération commence en France à partir du débarquement du 6 juin 1944. Le 19 août 1944, les résistants du Maquis de Rieumes entrent dans le camp et arrêtent le directeur. Les prisonniers sont libérés, même si de nombreux étrangers ne savent pas où aller.
Durant l’épuration, à partir de septembre 1944, le camp de Noé va être utilisé pour détenir les prévenus accusés de collaboration, afin notamment de les « protéger » et fait office de salle d’attente des cours de justice.
Le même personnel (!) est en charge de surveiller 600 Français internés : des agents de la Gestapo, des dénonciateurs, des collaborateurs isolés, des femmes ayant eu des relations sexuelles avec les Allemands (au nombre de 85), des personnes appartenant à des organisations collaborationnistes (environ 200). Parmi eux, 160 Français sont détenus sans motif précisé autre que « suspects ». Très peu de politiques ou d’administratifs (préfecture etc. liés à Vichy) ,de gendarmes ou de policiers autres que les zélés en feront partie.
Monseigneur Saliège, alors archevêque de Toulouse, prit la défense des détenus en 44-45, comme il l’avait déjà fait en 1942.
Les enquêtes furent mené sur chaque détenu jusqu’en mai 1945 et conduisirent à des condamnations comme à des libérations (derniers Français dans le camp début 1946 puis derniers étrangers en mai 1946).
Le camp devint alors un centre pénitentiaire pour des condamnés de faits de collaboration jusqu’à une mutinerie en septembre 1947 qui mena à la dispersion des pensionnaires et à la fermeture du camp.
