- Présentation
- Sa situation géographique
- Son histoire
- La rénovation
- Son architecture
- Le fonctionnement
- Ce qu’il faut savoir et pour en apprendre plus
- Pour s’y rendre
- Contacter l’association
Présentation

Le moulin de Pesquies est un des joyaux de Saint-Sulpice sur Lèze. L’emplacement du moulin est idéal pour passer un bon moment dans un cadre fantastique. Il est possible de s’y rendre en voiture et de pique-niquer sur place.

Le cadre du moulin est tellement agréable qu’il sollicité pour de nombreux pique-niques, mais également les fêtes organisées par l’association Gardarem Pesquies qui entretient le moulin.

Chaque année, fin juin / début juillet, il est organisé une fête (souvent un vendredi soir) afin de profiter de ce trésor et célébrer notre terroir.

Les vues du moulin sont fantastiques de tout côté.

Ces pages sont fortement inspirées des travaux de Jean Mandrou, président durant de nombreuses années de l’association « Gardarem Pesquies ».
Sa situation géographique

Ce moulin est bâti à 262 mètres d’altitude sur une ligne de crête du terrefort, au point de convergence de deux vallons où sont naturellement canalisés les 2 vents dominants ; le vent d’Autan (du sud-est) et le vent d’ouest.
Il appartient à la commune de Saint-Sulpice-sur-Lèze.
Deux détails remarquables :
- Le Pic de Midi de Bigorre, le clocher de notre église et le moulin sont parfaitement alignés.
- Cette colline est depuis toujours vierge de toute autre construction humaine (pas de bitume, de maison, de pylône…).

Son histoire
Le moulin semble dater en grande partie du 18° siècle. Une restauration au cours du 19° siècle semble avoir été effectuée. Il aurait été édifié avec des matériaux qui proviennent probablement des murs de fortification de la ville.
Il figure sur le plan cadastral de 1839 dans lequel est mentionné en ruine. Il appartient alors à Joseph Honoré Marie de Séverac qui possède également l’hôtel de Ségla ainsi que la ferme d’Escons.
Sur le comptoix de 1578 (registre qui recense tous les biens non nobles présents sur le territoire de la communauté, classés par propriétaire), quatre moulins à vent sont mentionnés mais aucun à Pesquies. Un se trouve au lieu-dit Samatan, un à Montauset et deux ne sont pas localisés. Ces moulins étaient destinés à la fabrication de farine.
Le moulin de Pesquies n’apparait pas non plus sur la carte de Cassini du 18° siècle.
Déjà au 15° siècle, un moulin était en ruine à Saint-Sulpice :
Toutefois, dans le livre » Le Languedoc et le Rouergue dans le Trésor des chartes » ( https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62483417 ), il est indiqué :


Mais ce n’était pas celui-là.
Il est en revanche autorisé de penser qu’un moulin ait été construit lors de la création de la bastide de Saint-Sulpice sur Lèze au XIIIème siècle, sur la volonté du Comte Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, et comte de Toulouse à partir de 1249 ainsi que de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
En effet, selon l’Étude sur les coutumes communales du sud-ouest de la France (Antoine Du Bourg https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5407437j.texteImage), les chartes communales mentionnent la fourniture d’un four et d’un moulin à la ville par les seigneurs.
Le moulin de Pesquies, dernier moulin à vent de Saint-Sulpice, a problement subi la concurrence du moulin à eau des Bures.
Jusque là, on montait à Pesquies par le chemin de l’abattoir, on traversait le gué, et on arrivait par le chemin qui croise la route de Beaumont au nord-ouest au moulin.

1. Ancien chemin de l’abattoir
2. L’ancien gué
C’est en construisant la retenue de la chaussée sur la Lèze pour alimenter ses meules par le « canalet » que le meunier à eau a fait disparaître le meunier à vent : en plus de la concurrence, il lui avait coupé le chemin du gué par la montée des eaux !

Aucun St Sulpicien, même parmi les plus âgés, ne se rappelle l’avoir vu en fonctionnement et dans son enfance, avoir entendu parler de ses ailes.
La rénovation
Le toit actuel a été installé en avril 1991, les ailes ne correspondent pas à la conception logique des moulins à vent. Elles ont été mises là comme décoration, personne n’aurait compris leur absence, l’imagerie populaire retient surtout les 4 pales du moulin à vent.

Jusque là ce moulin qui ne possédait déjà plus de mécanisme (aucune trace n’a été retrouvée) avait servi de dépôt et d’étable. Il est possible que ce matériel ait été « récupéré » pour une seconde vie.
Un toit à 6 pentes, très joli d’ailleurs, recouvert de tuiles « canal » avait été construit, mais ne correspondait pas évidemment à la réalité.
Au début des années 80 ce toit, en partie effondré, était le domicile d’une vieille chouette qu’elle partageait avec des ronces et des sureaux.

En 1989, à l’initiative de membres de la future association « Gardarem Pesquiés » la municipalité de Saint Sulpice a rencontré la propriétaire, Mme Noémie Pages, et lui a proposé de racheter le moulin ainsi qu’une parcelle de 1000m² de terre attenante pour l’intégrer dans le patrimoine local.
L’achat a été conclu pour la somme de 50.000 F.
L’association « Gardarem Pesquiés », à partir de ce moment là, sans autre soutien financier que celui des St Sulpiciens et des amis de partout, a organisé des fêtes et collecté les fonds nécessaires à sa rénovation. Grâce à tous les donateurs, à des entrepreneurs locaux, à l’A.F.P.A (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) sous la direction du compagnon charpentier Joseph Lescot, et à l’aide technique de la Mairie, le moulin a cette apparence actuelle.
Bien évidemment l’ambition serait de le restaurer complètement et d’une manière plus orthodoxe, mais cela suppose des études, une logistique et des moyens financiers que nous ne possédons pas encore.
Son architecture
Le fût
C’est un tronc de cône de 6 mètres de haut, 5 mètres de diamètre au sol d’où les murs épais de plus de 1 mètre vont en s’effilant et diminuent notamment au niveau du ressaut (support des meules).
Nos anciens ne pouvaient construire des fondations aussi solides qu’aujourd’hui. Aussi on construisait « épais » : dans les fouilles on tassait des galets, de la chaux, parfois de la marne, des morceaux de briques ou de tuiles.
Hors sol, on faisait un premier lit de briques planes (argile cuite) sur lequel on bâtissait avec de la chaux, de la marne et des galets sur 30 à 50 centimètres puis pour redonner de l’assise on refaisait un lit de 2 à 3 rangs de briques cuites à joints décalés et ainsi de suite. Cette épaisseur des murs du moulin était d’autant plus nécessaire que le poids de l’appareille s’ajoutant aux vibrations du mécanisme imposaient une construction solide.

Au fur et à mesure que la construction s’élevait, on échafaudait avec des barres en bois en prenant appui sur le bâti. On peut encore observer à intervalles réguliers (à hauteur de travail d’homme) l’emplacement des ces appuis que l’on appelle : trous barriers (du mot barre).

La porte est située au nord car c’était d’où ne vient jamais le vent. Le linteau est constitué de plusieurs pièces de chêne.

La maison du meunier était située aussi au nord du moulin. On peut apercevoir à l’automne des traces de fondations dans le labour.

Au dessus de la porte : le finestrou, par un mât pivotant et une poulie actionnée par une mule ou les bras du meunier, on montait les sacs de grains. Il n’est pas sûr que l’autre ouverture côté sud soit d’origine car elle n’avait pas d’utilité bien précise.
A l’extérieur on pourra noter que le côté du moulin exposé au vent d’Autant sec a conservé son crépi de chaux et de sable de Lèze, alors que le côté ouest est délavé par le vent océanique (humide).

Le toit
D’une hauteur de 6 mètres, il est semblable à celui qui existait, mais si sa charpente était en peuplier et la couverture en châtaignier, aujourd’hui la charpente est en sapin et la couverture en mélèze. La pente, très accentuée du toit était due au logement de la grande roue « le rouet » placé sur l’arbre des ailes. Comme on ne pouvait y faire tenir des tuiles on choisissait un bois imputrescible, et grâce à une bonne aération, il résistait pendant longtemps à la pluie et à l’humidité.
C’est un travail remarquable qui nécessite une grande compétence technique. Les charpentiers de l’A.F.P.A avaient préparé l’assemblage en atelier. Après avoir repéré toutes les pièces, ils l’ont remonté le 3 avril 1991 à côté du fût, et le 4 avril un engin de levage a placé le toit comme un simple couvercle.
L’arbre des ailes que l’on peut voir est factice, en effet à l’époque cet arbre était une belle pièce de chêne de 6 mètres de long et d’une section carrée de 60 cm de côté.

Le fonctionnement
Pour bien comprendre comment marchait le moulin il est utile d’observer la maquette réalisée au 1/10 et le mouvement des diverses pièces.
Cette maquette peut être observée à l’intérieur du moulin lui même.

De façon simplifiée, voici quelques explications :

Tout d’abord, le meunier oriente les ailes du moulin face au vent, en tournant la partie orientable du moulin à l’aide du guivre.
- Le meunier verse ensuite le grain dans la trémie
- Le grain s’écoule dans l’Auget
- Puis il descend au centre (Oeillard) de la meule tournante (courante) et passe entre les 2 meules où il est broyé. L’axe de la meule tournante est mis en mouvement au niveau de la lanterne par le rouet, qui est fixé sur l’arbre maître qui tourne à l’aide de la force du vent sur les ailes.
- Arrivée dans le blutoir ou la huche, la mouture est tamisée et devient de la farine fine, du gruaux (grains concassés) ou du son (écorce de grain).


Ce qu’il faut savoir et pour en apprendre plus
- Les premiers moulins à vent sont apparus en Europe à la fin du 12° siècle, l’idée d’utiliser le vent avait été ramenée du Proche-Orient par les croisés.
- Le toit du moulin tournait entièrement pour mettre les ailes toujours face au vent, pour cela le meunier poussait ou tirait sur la grande perche à l’arrière avec un treuil, un âne, des bœufs…
- Le meunier n’habitait pas dans le moulin : il y dormait parfois…mais que d’un œil !…surtout quand il y avait beaucoup de travail et peu de vent ou trop (meunier, tu dors !…)
- L’entretien du moulin était délicat et les réparations difficiles, ce qui explique leur désaffection progressive.
- « Entrer comme dans un moulin » : cette expression bien connue signifiant que l’on pénètre facilement quelque part s’appliquait aux moulins qui avaient deux portes d’entrée car l’accès de l’une d’elle était souvent condamné par le passage des ailes. Aussi on prévoyait toujours une deuxième solution !
- Le moulin (ou le meunier) moulait le grain pour faire de la farine (du verbe moudre).



Le moulin de Pesquies vous attend. Bonne visite !

Pour s’y rendre
Rentrez sur le GPS les coordonnées suivantes : 43.332946, 1.335321
ou suivez ce plan :

Contacter l’association
Que ce soit pour des informations ou pour une visite, contactez l’association GARDAREM, DANSAREM, CAMINAREM PESQUIES
Président : André IGNACE
Tél. : 06 09 72 61 98
ou la mairie
Tél : 05 61 97 34 98

