Je vous souhaite d’avoir la chance de participer à une présentation du moulin à eau des Bures par Michel Aupetit.
Le moulin tourne encore, mais Michel le fait vivre !

Un grand merci à Michel pour sa participation à l’élaboration de cette page !
Comment s’y rendre ?
Le moulin est situé au 11 chemin du Moulin !? Il est situé au nord-est du village de Saint-Sulpice.

Présentation

Le Moulin des Bures fut construit à la fin des années 1830. Il moulût toutes sortes de céréales (blé, orge, maïs… ) pour les boulangers, les villageois et les paysans qui faisaient leur propre pain et le « concassé » pour leurs animaux de ferme. Chaque paire de meules était dédiée à une céréale et chacune avait son St Patron.

Ce fut, à l’époque, la 1° usine du village, elle constituait un carrefour important de la vie sociale. Sa petite dépendance attenante, à l’Est, abritait, au rez-de-chaussée, l’habitation du meunier et, à l’étage, les sacs de blé et de farine ainsi que le dortoir des fermiers qui devaient passer la nuit «au moulin», le travail de mouture pouvant se finir tard.
L’habitation, de style Toulousain, a été construite 20 ans plus tard, en 1859. Elle témoigne de la prospérité des moulins à cette époque.

Le moulin fut éclairé vers 1920 par une petite dynamo qui fournissait du 110V. Au début du XXe siècle, les minoteries industrielles vont supplanter les moulins céréaliers traditionnels. Le moulin arrêtera de fonctionner â la fin des années 1960. Mais son bon état de conservation permet de le visiter et de travailler quelques jours par an.
Histoire

C’est après la démolition du Moulin de Turcou, situé au sud de la commune de St Sulpice de Lézat, sur ordonnance du ROY LOUIS XV en Février 1748, que les Sieurs Barthelemy Felix DISPAGNE (maire et propriétaire) et Jean Guillaume CARRIERE (citoyen meunier de St Sulpice), invités fortement par les habitants du village (pétition à l’appui), projettent la construction d’un Moulin à eau, au Lieu-dit « Les Bures ». Le permis de construire, déposé en avril 1833, sera validé au Palais des Tuileries sur ordonnance du ROI LOUIS PHIILIPPE en mai 1836. Les travaux débuteront dès lors, le moulin sera terminé à la fin des années 1830 et apparaitra sur le cadastre Napoléonien en 1839.
Jusqu’en 1882, les propriétaires s’appellent J.G. CARRIERE, Dame CARRIERE, les meuniers LUPIAC, BARILLE. En 1882, Guillaume COMBES, meunier, est copropriétaire avec Dame CARRIERE, il deviendra propriétaire de l’ensemble, moulin et habitation, le 2 Janvier 1895. Ce sont Alexis COMBES (fils de Guillaume), Georges AUPETIT (mari de Jeanne COMBES, fille d’Alexis) et Roger AUPETIT (fils de Jeanne et de Georges), qui feront travailler le moulin jusqu’à la fin des années 1960.

Il ne s’agit pas du premier moulin à eau de Saint-Sulpice.
Au moyen âge, un premier moulin à eau appartient en pariage au commandeur des hospitaliers et au Roi de France. Un autre est installé sur la Lèze au XVI° siècle, appelé moulin de Vendiac et affermé au marchand toulousain Pierre d’Assezat. Sa descendance est encore propriétaire en 1720.
Sur le comptoix de 1578 (registre qui recense tous les biens non nobles présents sur le territoire de la communauté, classés par propriétaire), Il y a alors deux moulins à eau sur la Lèze, dits « de dessous » et « de dessus ». Le premier se trouvait près de l’actuel pont. Le second n’a pas été identifié mais il devait être en amont. Ces moulins, étaient destinés à la fabrication de farine.
Fonctionnement
L’exploitation de l’eau

Grâce à sa retenue (barrage, digue), longue de 22m et bâtie de roches et de briques â 200m du bâtiment, le canal (bief) reste alimenté en eau. Son niveau sera la réserve de force.

Ce sont la –hauteur de chute (4.60m) et le débit (1,2m3/s dans les meilleures conditions) qui mettent le moulin en mouvement et lui fournissent sa puissance (estimée brute â 54kw).

- Dans le virage, le canal d’alimentation constitue la prise d’eau dans la rivière, dont le volume entrant dans le bief d’alimentation est régulé au niveau de la cascade ou de la chaussée, en aval de la séparation, sur le cours principal de la rivière.
- Le canal d’alimentation conduit jusqu’au moulin.
- Le moulin produit la farine grâce au mécanisme à roue horizontale.
- Le canal de fuite permet le retour de l’eau du moulin à la Lèze.


L’architecture du moulin
Le moulin des Bures, comme beaucoup de moulins à eau dans le Sud Ouest, est doté d’un mécanisme à roue horizontale.
L’énergie est provoquée par l’écoulement, c’est pour cela que le mécanisme se situe sous le moulin.

Construit sur le canal, bras d’eau dérivée de la rivière Lèze, qui l’alimente en eau, le moulin est constitué de 2 niveaux majeurs.
- le premier se trouve sous le plancher, constitué de 3 voutes (visibles depuis la passerelle), le sous-sol abrite les vannes, les rouets, les arbres et les leviers de tempure. La vanne centrale qui permet de vider le canal pour son entretien se trouve au niveau de la petite voute. Sous les 2 grandes voutes, les murs de barrage créent le volume d’eau et surtout la hauteur du niveau d’eau (4.60m) nécessaires à générer la puissance. L’épaisseur des murs se réduit en montant : 1.5m, 1.2m, 1m, puis 0.4m au niveau du canal.

- le second au dessus du plancher reçoit la partie meunerie et bluterie. A l’origine, le moulin possédait 4 paires de meules, aujourd’hui 2 paires restent en fonction, St Brice fait de la farine, St Louis nous montre sa meule en mouvement. La bluterie qui servait à tamiser la farine, a disparu. Un blutoir fraichement restauré fait office de machine à tamiser avec 2 qualités de farine, pâtissière et boulangère.

Le mécanisme du moulin
En ouvrant les vannes 6m sous le moulin, l’eau est libérée par le coursier et frappe les pales inclinées et incurvées de la roue à aubes (rouet, roudet), positionnée horizontalement, et l’entraine en rotation (60t/mn). Le mouvement est directement transmit à la meule tournante (1.6m de diamètre et 1 tonne) par l’intermédiaire de 2 arbres longs de 3m chacun, du petit fer (situé en bout d’arbre) et de l’annille, fer solidaire de la meule. Cet ensemble de plus d’une tonne repose sur un palier en bronze (crapaudine) situé au plus bas du mécanisme. La crapaudine est logée dans une poutre en chêne (sommier, banc) dont la position peut être réglée en hauteur (réglage de la trempure) visant à l’écartement des meules.

1chèvre, potence à lever
2 trémie
3 graduateur
4 auget alimentaire
5 frayon ou babillard
6 archure ou cercle, coffrage
7 poignée de vanne
8 meule tournante
9 annille
10 boîtard ou boîtillon
11 meule dormante ou gisante
12 fusée, barre de transmission
13 anche, trémie d’échappement
14 huche, maie
15 arbre vertical en bois recevant l’impulsion du rouet
16 roue motrice horizontale
17 buse, trompe ou conduit d’amenée
18 vanne
19 pointe
20 crapaudine ou fût de section carrée, X de fer
21 banc, sommier, embrasement
22 trempure, levier
23 bol, partie voûtée où tombe l’eau du conduit d’amenée
Pour faire fonctionner le moulin, on monte le levier, ce qui fait monter le banc, une poutre horizontale de chêne ou de hêtre qui prend appui sur de grosses pierres enfoncées dans le sol d’un côté et qui peut monter ou descendre du côté du levier.
Cela fait remonter l’axe vertical dont la base est un pivot en métal très dur qui repose sur la crapaudine, un pas en acier ou en bronze.
L’axe traverse la meule du dessous (gisante).
L’axe comporte en haut une barre métallique aplatie et de section rectangulaire, qui se loge dans l’annille, pièce métallique en forme de X qui est placée dans des entailles pratiquées dans la face du dessous de la meule tournante, lorsque l’axe remonte.
Lorsque la vanne est ouverte, l’eau fait tourner la roue qui fait tourner l’axe et la meule tournante si l’axe est remonté. Le levier permet ainsi d’écarter les meules et permet à la meule mobile située au dessus de tourner.


La mouture
La mouture

Le grain (blé, avoine, épeautre, mais… ), versé dans la trémie, tombe dans le trou central (oeillard) de la meule tournante par l’auget (petit cheval) avec un débit régulier. L’auget, balancé transversalement par la quenouille, produit le bruit des sabots d’un cheval au trot, il renseigne le meunier sur la vitesse de la machine.


Le grain, piégé entre la meule tournante (ou volante) et la meule fixe (ou gisante), sera progressivement écrasé jusqu’à l’état de farine, la rotation et les sillons des meules amenant le produit en périphérie des meules. Son niveau de mouture est réglé grâce à l’écartement des meules (tempure) et le débit du grain s’échappant de l’auget. Le résultat, enfermé dans le coffre en bois (archures), s’échappe par une ouverture (anche) en son point le plus bas et tombe dans l’auge (maie).

La farine est tamisée et épurée par la bluterie. Le rendement était de 2 sacs de 50kg par heure et par paire de meules. Il arrivait que le manque d’eau ralentisse le moulin, le meunier fermait alors les vannes pour rétablir le niveau d’eau nécessaire (… le temps d’une petite sieste ?)

Visites et contacts
Le moulin subit depuis 2022 des problèmes et nécessite des réparations.
Les visites du moulin sont mises entre parenthèses, le temps que Michel trouve les ressources nécessaires.
A très bientôt Michel !
