Les croisades

Les croisades

Bénie par le pape et conduite par les monarques des royaumes chrétiens de la vieille Europe, cette aventure devait représenter tout ce que l’esprit médiéval avait de bon en lui. Malgré l’échec militaire manifeste des croisades (à l’exception de la première), la Chrétienté en sortit grandie au niveau économique et culturel. Le choc des cultures fut nettement favorable à l’Europe, moins avancée que le Moyen Orient qui rentre alors en déclin. Les croisades permirent également au niveau géopolitique la création des Etats Latins d’Orient (comté d’Edesse et de Tripoli, principauté d’Antioche, royaume de Jérusalem) et l’essor des républiques maritimes italiennes (Amalfi, Gênes, Pise et Venise).

Les Etats latins (Tout l’Univers – Hachette)

Alors que la société européenne était rigide et fragmentée, tous les états (clergé, noblesse, bourgeoisie et université) s’impliquèrent dans les huit expéditions, toutes castes confondues :

  • La haute noblesse les appuya et lutta pour elles
  • La hiérarchie du clergé prêcha en leur faveur depuis les cathédrales jusqu’à la plus modeste des chapelles.
  • Basse noblesse ou puînés des familles s’y lancèrent qui en quête de réputation et d’honneurs, qui de pouvoir et de richesses.
  • Trouvères et jongleurs rivalisèrent en poésie sur la reconquête de la Terre sainte, atteignant parfois dans leurs vers des sommets artistiques sublimes.
  • Pour tout chevalier « partir à la Croisade » devint très vite un devoir incontournable, autant que le respect et l’amour pour sa dame.
Prise de Jérusalem par les Croisés

Une fois les villes conquises, les troupes chrétiennes et leurs chefs, se livraient à des atrocités qui faisaient frémir les chroniqueurs chrétiens qui en avaient été les témoins, certains se plaisaient à pratiquer le cannibalisme. Les croisés passèrent au fil du couteau la population de la Cité sainte et tuèrent des Musulmans pendant une semaine. Dans la mosquée Al-Aqsa, ils massacrèrent 10 à 60 000 personnes. Ils réunirent et enfermèrent les Juifs dans leur synagogue et les y brûlèrent vifs. Tous les prêtres et pratiquants des rites orientaux résidant à Jérusalem furent expulsés de la ville et beaucoup assassinés.

Les Croisés catapultant des têtes de morts lors du siège de Nicée

La première croisade

Le 27 novembre 1095, au cours du concile de Clermont qu’il a fait réunir, le pape Urbain II appelle à la croisade. Il prêche pour secourir l’empereur byzantin et la libération de la Terre sainte à Jérusalem. En échange de leur participation à la Croisade, il promet le pardon de leurs péchés à ceux qui iront porter secours aux chrétiens d’Orient.
Les gens modestes réagissent en grand nombre à l’appel de Pierre l’Ermite qui lance son fameux « Dieu le veut ». Gautier Sans-Avoir le rejoint, en Champagne et en Lorraine. S’en suivit « la croisade des gueux ».

Pierre l’ermite haranguant les troupes croisées

Si l’appel à la croisade est peu écouté des rois, les barons et les chevaliers se montrent enthousiastes. Nombreux sont ceux qui financent leur expédition par la vente de leurs biens. Le départ de la « croisade des barons » est fixé au 15 août 1096. Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse fait partie de l’expédition.

La prise de Jérusalem

Toutes les croisades

Huit croisades vers la Terre Sainte (ce qui regrouperait aujourd’hui très schématiquement les territoires d’Israël, du Liban et de la région côtière de la Syrie) ont eu lieu.

La création et la défense des États latins d’Orient :
1ère croisade (1096 – 1099) : Prise de Jérusalem.
2ème croisade (1147 – 1149) : Réaction à la chute d’Edesse.
3ème croisade (1189 – 1192) : Réaction à la défaite de Hattin.

Des croisades détournées ou impuissantes à changer les évènements :
4ème croisade (1202 – 1204) : Chute de Constantinople.
5ème croisade (1217 – 1221) : L’aventure Égyptienne.
6ème croisade (1228 – 1229) : La tentative de Frédéric II.
7ème croisade (1248 – 1249) : La première Croisade de Saint Louis.
8ème croisade (1270) : La seconde Croisade de Saint Louis.

Les croisades

Les croisades de Saint-Louis (qui ont eu un impact sur la création de Saint-Sulpice sur Lèze)

Arrivée de Saint Louis à Nicosie

En 1248, la Terre Sainte est reprise par les infidèles : le sultan d’Egypte a repris Jérusalem qui avait été restituée aux occidentaux suite aux négociations de la 6ème croisade, et a massacré l’armée franque. Louis IX (Saint Louis) entreprend donc une expédition au cœur de l’Egypte afin d’attaquer les sarrasins au cœur de leur puissance, espérant forcer le sultan à céder Jérusalem. Cependant l’ardeur religieuse est moindre, Louis IX est obligé de forcer un certain nombre de ses proches à prendre la croix avec lui. Il part avec sa femme Marguerite de Provence et ses deux frères, Robert d’Artois et Charles d’Anjou.

Saint Louis embarque pour les croisades

Après une escale à Chypre, les croisés s’emparent de la ville de Damiette, puis se préparent à marcher sur Le Caire où résidait le sultan. Elle ne parvient pas à son but, car elle fut assaillie en route par les sarrasins et taillée en pièces à Mansourah. Le frère du roi, Robert d’Artois est tué avec bon nombre de ses chevaliers, le roi et le reste de l’armée furent faits prisonniers. Après négociation, Louis IX est libéré contre une énorme rançon de 400 000 livres (payée partiellement par les Templiers). Saint Louis passa encore quatre années en Terre sainte, aidant les principautés franques à réorganiser leur système de défense. Les renforts sur lesquels il comptait ne venant pas, il finit par rentrer en France, en 1254. C’est également la mort de sa mère, Blanche de Castille, qui assurait la régence, qui va décider Louis à rentrer après six années d’absence.

Siège de Damiette

L’échec de la septième croisade, que Saint Louis interpréta comme une punition divine l’affecta beaucoup. Pourtant au XIIIe siècle, l’Europe n’est plus, comme au XIIème siècle, mobilisée contre les infidèles. Bien que le tombeau du Christ fût à nouveau sous le contrôle de l’islam, la ferveur religieuse était retombée, de même que s’était dissipé l’espoir d’une colonisation facile et d’une fortune rapide qui nourrissait les rêves des petits seigneurs. De ce point de vue, Saint Louis n’était pas en accord avec son temps : les bourgeoisies marchandes avaient compris qu’on ne pourrait déloger ni contenir l’islam, mieux valait s’accommoder de son existence et entretenir des relations avec lui. Saint Louis ne partageait pas ce point de vue et voulut tenter une nouvelle fois l’impossible. Il commença à accumuler l’argent, les vivres et les armes dès 1267. En juillet 1270, il s’embarqua pour Tunis. Il croyait de son frère Charles d’Anjou, roi de Sicile, que l’émir de cette ville avait l’intention de se convertir au christianisme. Epuisé par la chaleur et le manque d’eau, le vieux roi mourut devant Tunis. On a longtemps cru qu’il s’agissait de la peste, mais il semble que ce serait plutôt d’une dysenterie. Avec cet ultime et dérisoire échec s’achève l’ère des croisades dont Louis IX incarne la dernière figure.

Mort de Saint Louis
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